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Food cost & marges

Fiche technique : 5 erreurs qui faussent ton coût matière

Fiche technique : 5 erreurs qui faussent ton coût matière

Une fiche technique fausse son coût matière dès qu'elle oublie une perte de préparation, un produit d'assaisonnement ou un prix d'achat qui a bougé.

Ces trous, discrets un par un, se cumulent. La marge sur le papier ne correspond alors plus à ce que dit la caisse en fin de mois. Voici les cinq erreurs les plus fréquentes, et comment les corriger plat par plat.

Le prix d'achat qui n'a pas été mis à jour

C'est l'erreur la plus banale, et la plus coûteuse. Tu as chiffré ta fiche un jour donné, avec les prix du moment ; six mois plus tard, ton fournisseur a augmenté trois références et personne n'a retouché la fiche. Le coût affiché n'a pas bougé. Le coût réel, si.

La seule parade fiable, c'est de relier tes fiches à ta mercuriale à jour plutôt que de saisir des prix figés à la main. À défaut, prévois une revue mensuelle des prix d'achat sur tes 20 produits les plus utilisés : ça rattrape l'essentiel de la dérive.

Les pertes à l'épluchage et au parage, oubliées ou sous-estimées

Une fiche correcte chiffre le produit net, pas le produit brut acheté. Or beaucoup de fiches indiquent « 1 kg de carottes » sans tenir compte de ce qui part à l'épluchage.

Une carotte brute perd 20 à 25 % de son poids à l'épluchage. Sur une viande parée, la perte grimpe bien plus haut selon le morceau. Si ta fiche ignore ce rendement, ton coût matière réel est mécaniquement plus élevé que celui du papier.

La bonne pratique : peser le produit brut, peser le produit net après épluchage ou parage, noter le ratio dans la fiche. Ce chiffre ne change presque jamais pour un même produit chez un même fournisseur. Tu ne le mesures qu'une fois.

La perte à la cuisson, un rendement qu'on additionne rarement

Deuxième perte de poids, distincte de la première : celle de la cuisson. Un rôti, un poisson poché ou des légumes braisés perdent de l'eau, donc du poids, entre le cru et le cuit.

Le calcul juste multiplie les deux rendements. Il ne les additionne pas. Un produit qui garde 80 % de son poids au parage, puis 75 % de ce poids restant à la cuisson, affiche un rendement global de 60 %. Pas 65 ni 70, comme on pourrait le croire en additionnant les pertes à la va-vite.

Cette confusion explique une bonne partie des écarts entre coût matière théorique et coût matière réel. Si tu suis cet écart chaque mois, la fiche technique est le premier endroit où chercher.

Les produits d'assaisonnement et les sauces de base, non chiffrés

Le sel, le poivre, l'huile de cuisson, une pointe de beurre, un trait de vinaigre. Chacun coûte quelques centimes, donc on les oublie. Sur un plat isolé, l'impact semble négligeable ; multiplié par les centaines de couverts servis chaque mois, ce n'est plus un détail.

Même logique pour les sauces et fonds préparés en amont, en grande quantité. Si le coût d'un fond de veau ou d'une base tomate n'a jamais été chiffré au litre, chaque plat qui l'utilise porte un coût sous-estimé sans que personne ne le sache.

La solution la plus simple : ajouter une ligne « divers et assaisonnements » forfaitaire de 2 à 3 % du coût matière total sur chaque fiche, et chiffrer une fois pour toutes le coût au litre ou au kilo de tes préparations de base.

Les portions qui dérivent entre la fiche et l'assiette

Une fiche peut être parfaite sur le papier et fausse en pratique si la brigade ne respecte pas les grammages. Une portion de riz pesée à l'œil, une louche de sauce généreuse un soir de coup de feu, et l'écart se creuse.

Ce n'est pas un problème de calcul. C'est un problème de discipline de service. Des contenants calibrés, des louches et cuillères doseuses dédiées à chaque recette, un rappel visuel du grammage en cuisine : ça corrige l'essentiel.

Vérifier une fiche technique en dix minutes

Avant de faire confiance à une fiche, un contrôle rapide repère la plupart de ces erreurs :

  • le prix d'achat de chaque ligne date de moins d'un mois
  • le poids saisi est le poids net, pas le poids brut
  • le rendement de cuisson est appliqué en plus du rendement de parage
  • les assaisonnements et sauces de base ont une ligne de coût, même estimée
  • le grammage indiqué correspond à ce qui part réellement en salle

Une fiche qui coche ces cinq points donne un coût matière fiable, celui qui permet de fixer un prix juste et de savoir, plat par plat, ce qui protège vraiment ta marge. C'est aussi la base qui rend un écart entre food cost théorique et réel explicable, donc corrigeable.

Si tu n'as pas encore de méthode pour construire tes fiches, notre guide sur comment construire une fiche technique qui calcule ta marge par plat détaille la structure de base à poser avant même de traquer ces erreurs. Et pour te situer, le repère du ratio matière par type de cuisine donne une fourchette utile.

CONNECTIVE centralise tes fiches techniques, ta mercuriale et tes calculs de food cost au même endroit, pour que ces cinq erreurs ne se glissent plus dans tes chiffres.

Pourquoi le coût matière d'une fiche technique ne correspond-il pas à la réalité ?

Parce qu'il manque presque toujours une des cinq lignes : un prix d'achat périmé, une perte au parage non comptée, un assaisonnement oublié, une portion mal calibrée ou une perte à la cuisson ignorée. Discrètes une par une, elles se cumulent jusqu'à ce que la marge sur le papier ne ressemble plus à ce que dit la caisse. L'écart entre food cost théorique et réel mesure ce cumul.

Faut-il compter le sel, l'huile et les épices dans une fiche technique ?

Oui, sous forme d'un forfait d'assaisonnement plutôt qu'au gramme près. Chercher la précision au dixième de gramme sur le poivre fait abandonner l'exercice ; un forfait cohérent, appliqué partout, donne un coût matière fiable sans rendre la saisie insupportable.

Comment tenir compte des pertes dans une fiche technique ?

En chiffrant le produit net, pas le produit brut acheté. « 1 kg de carottes » n'a pas de sens tant que le rendement après parage n'est pas appliqué : il faut sortir plus de brut pour obtenir le net de la recette, et c'est ce brut qu'on paie.